Une semaine chez Gérard dans le Vermont
Après des aux revoir émouvants, nous quittons Mado et Roger et leur camping de rêve, cap sur la frontière américaine que nous passons sans encombre, les douaniers étant fort intrigués par notre camion. Contrôle d'identité, des passeports, des documents du camion et en route. Le temps est magnifique et nous arrivons à Westford en fin d'après-midi.
Nous sommes contents de retrouver, Gérard, mon cousin d'amérique mais bien français. Gérard Rubaud a été apprenti boulanger à 13 ans, il a ensuite été champion de ski dans les années soixante, entraineur de l'équipe de France pour les JO de 1964, manager du département compétition des skis Rossignol et Pdg de Rossignol pendant quelques années. Suite à un stage à Harvard Business School, il s'est rendu compte que le monde des affaires n'était pas fait pour lui, il est donc retourné à son premier boulot, la boulangerie et ça fait maintenant quinze ans que cela dure.
Gérard habite également un endroit idylique, faut croire qu'il y en a quand même pas mal dans le monde, mais regarder plutôt les photos qui parlent d'elles-mêmes. Nous avons la chance d'y être au bon moment : "les feuilles". Les arbres prennent des couleurs allant du jaune éclatant, en passant pas des rouges clinquant et toutes les couleurs intermédiaires. C'est absolument à voir.
En 2004, Gérard a fait un AVC assez grave, huit mois de lit, une année de fauteuil, paralysie du côté droit. Aujourd'hui le plus dur est derrière, Gérard a repris le four, travaille 15 heures par jour, pétrit, cuit, et fait sans arrêt sa rééducation. Bel exemple de courage et de ténacité.
A une grosse demi heure de voiture se trouve la ville de Burlington située sur le lac Champlain. C'est une grande ville universitaire. Nous y sommes allés à plusieurs reprises pour magasiner dans des mall où il est si facile de faire chauffer les cartes bleues au moment des soldes américaines et avec un € aussi fort.
Pendant notre séjour, Vincent s'est levé plusieurs fois à minuit pour retrouver Gérard et faire le pain, Alix les a rejoint le dernier jour et pendant toute la nuit.
Gérard cuit environ cent à cent soixante pains cinq jour par semaine. C'est un pain artisanal cuit au feu de bois. Vincent a été emballé par le travail du pain car il faut que tout soit coordonné "pile poil" : il faut que la pâte soit boulée, formée en pain, fermentée juste comme il faut et à la bonne température, au moment où le four est lui aussi à la bonne température. Si tu es trop tôt, la pâte va crouter, si tu es trop tard, le four ne sera plus à la bonne température. Il faut en plus que Gérard tienne compte des écarts de températures très importants à cette époque de l'année. C'est du grand art.
Chez Gérard c'est la vie authentique sans aucune fioriture, la cuisine et la salle à manger sont dans l'atelier de boulangerie. Le soir nous dînons autour de l'immense table en bois massif au menu pain et plats cuisinés dans le four, que du bonheur.
Nous quitterons Gérard avec un gros pincement au coeur, Alix car elle doit abandonner ses deux Labrador Jojo et Bibi, Vincent car il a vécu des moments très forts en faisant le pain avec Gérard, et moi car je laisse mon cousin à qui je dois tant. Mais c'est promis on reviendra.
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